Jean-Marie Martin

Après avoir exercé plusieurs métiers, j’ai travaillé de longues années auprès des « Malades mentaux », (plus particulièrement avec des personnes diagnostiquées « psychotiques ») que ce soit en hospitalisation, en postcure psychiatrique ou encore, dans le milieu associatif. Diplômé d’une Ecole de Cadre (Santé Publique), mes études universitaires se sont par la suite tournées vers les pratiques sociales mêlant psychanalyse et psychosociologie

Avec une réflexion politique, ces disciplines m’ont naturellement amené à m’interroger plus particulièrement sur les effets de l’autorité (transferts, identifications, savoir, inconscient, Autre, etc.) que l’on retrouve dans toutes les institutions. Pour le dire trop brièvement, la volonté d’appréhender la subjectivisation de chacun.e dans son groupe social : famille, école, entreprise qu’elle soit « privée » et/ou « publique », association…

C’est de là que s’est porté mon intérêt pour la Psychothérapie Institutionnelle, entremêlant psychanalyse, philosophie, politique et sociologie et tout ce qui concerne plus généralement, « l’analyse des pratiques » de soins. J’ai eu la chance de me faire accompagner par des psychiatres-psychanalystes, notamment par mes amis très engagés : Horace Thorubia et Roger Gentis

Aujourd’hui retraité de la psychiatrie, mon intérêt demeure quant à la prise en compte des sujets souffrants de pathologies psychiatriques. Animateur de l’association Scène Ouverte, je reste en lutte contre la stigmatisation des « Malades mentaux » par la création collective de Comédies Musicales. Nous avons mis en place un instrument de soin original à partir de la collectivisation des histoires de vie des participants : se construit pas à pas un spectacle théâtralisé et musical. A l’issue d’un long travail de création/répétitions (3 à 4 années), les représentations publiques donnent la possibilité pour chacun.e, de se confronter à l’appréciation de l’autre.

Mes interventions dans le cadre de « Sens en Questions » s’intègrent à ce parcours

En effet, l’analyse des pratiques exige, pour tous ses participants, une implication subjective qui s’actualise dans un espace de créativité plurielle, « en équipe » A partir d’un récit « à propos d’une expérience… » d’une rencontre individuelle (usager, patient / professionnel), s’élabore une mise en parole collective : écoute, représentations, échanges, interprétations, points de vue, questionnements,  théorisations…